Facebook Twitter More...

CHRONIQUE – Le virus de la corruption sévit au Québec

De tous les facteurs ayant contribué à miner la confiance des Québécoises et des Québécois envers leur État national, les allégations de corruption figurent certainement en tête de liste. Symptomatiquement, ceux qui s’affairent actuellement à détruire le modèle québécois se retrouvent essentiellement dans le même camp que ceux associés aux pires scandales, celui du parti actuellement au pouvoir. Sans trop d’efforts, on constatera ainsi que la corruption est largement la conséquence de la compromission de nos élites au système fédéral canadien qui, depuis des décennies, récompense les pires d’entre nous en échange de leur collaboration docile et vénale. Incapables de nier l’évidence, les « dépendantistes » canadiens font en sorte de jeter le discrédit sur toute la classe politique, alléguant que tous les partis sont pareils, tous pourris! (Comme eux?)
 
L’attachement au bien commun et à la patrie représentent ainsi le meilleur rempart contre la corruption et la collusion, dont le principe moteur demeure l’individualisme rapace découlant de la tutelle fédérale. Le respect envers notre État et la solidarité nationale passent donc par le patriotisme et la valorisation des vertus citoyennes.
 
Ce travail peut être accompli par l’éducation reçue dans la famille et à l’école, mais aussi par les commémorations historiques où l’on célèbre ceux et celles dont les actions les ont rendus dignes de mémoire. On saisit d’ailleurs encore mal au Québec le rôle bien tangible que jouent les commémorations afin d’inculquer des valeurs de respect, d’unité et de solidarité. Il est grand temps que les chantres de l’austérité budgétaire comprennent qu’à ne jamais commémorer nos vertus civiques, on hypothèque gravement chez chaque Québécois le désir de respecter les lois et de continuer à agir en « bon et honnête citoyen ».
 
Durant l’essentiel de son histoire, le mouvement national québécois a d’ailleurs su assumer cette direction morale et éthique, au cœur des vertus patriotiques. Dès 1830, les patriotes voient bien que l’administration coloniale est corrompue et inefficace. Toute sa vie, Louis-Joseph Papineau dénoncera l’immoralité du régime colonial, l’inefficacité du système politique, la corruption des bureaucrates et l’iniquité envers la majorité française. Pour toute une génération, Papineau fut d’abord l’incorruptible : celui qui refuse un siège au conseil législatif, un poste de ministre même et cela tant que l’État ne sera pas véritablement mis au service du peuple et de la majorité française.
 
Au Québec comme ailleurs, le seul vaccin crédible au virus de la corruption demeure que chacun se sente solidaire de sa communauté et qu’il ait minimalement à cœur le bien commun. La Journée nationale des patriotes est l’occasion de rappeler la lutte de ceux et celles qui ont tout sacrifié à la conquête de nos libertés et de nos droits. Rendons-nous dignes de leur exemple et prouvons, plus que jamais, que nous sommes bien tissés dans la même étoffe du pays que les patriotes de 1837-1838.