DOSSIER SPÉCIAL – L’austérité budgétaire : quelles conséquences pour l’identité québécoise?

Depuis le printemps dernier, aussitôt après l’élection du gouvernement libéral, la rumeur de coupes draconiennes dans un nombre incalculables de programmes gouvernementaux ne se dément pas. À telle enseigne qu’une commission affectée à la révision des programmes a été mise sur pied pour identifier toutes les économies à faire et pour recentrer la mission de l’État autour de programmes jugés prioritaires. Pas une semaine ne passe sans qu’on nous annonce que le financement d’un organisme passera à la trappe.
 

Au MNQ, nous sommes inquiets car de nombreux programmes qui concernent la promotion de l’identité québécoise, tels que l’histoire et le patrimoine, la culture, l’éducation et les régions, sont menacés de coupures. Qu’on en juge par la mise au rancart du cours d’histoire sur le Québec, qui devait être ajouté à la formation générale collégiale, aux chaires de recherche sur l’histoire et l’identité, aux conservatoires de musique installés en région sauvés in extremis grâce à la grogne populaire, au financement de l’Association internationale des études québécoises, et plus largement, au ministère des Relations internationales devenu pour le moins incertain et à l’abolition des crédits d’impôts octroyés aux organismes culturels.
 

Nous en sommes venus à nous questionner sur la manière dont nos élus conçoivent et définissent la mission du gouvernement puisqu’il semble littéralement se ratatiner sous nos yeux, amoindrissant du même coup le sentiment d’appartenance des Québécois envers leur État national. Pour le maintenir bien vivant, une société doit être capable de porter des projets d’avenir et d’envergure. C’est ce dont s’était assuré Lucien Bouchard au tournant des années 2000 en permettant la construction de la Grande bibliothèque à Montréal, cela malgré la poursuite de l’atteinte du « déficit zéro ».
 

Nous avons également l’impression que le contrat moral qui liait jusqu’ici le gouvernement aux citoyens a été rompu, celui de taxes et impôts prélevés en échange de services, d’un filet social digne de ce nom, qui protège les familles et les plus démunis. Désormais, est-ce que le gouvernement ne s’occupera que d’assurer notre sécurité et de paver nos routes ou demeurera-t-il un levier permettant de réaliser les aspirations du peuple?
 

Pour ce dossier spécial consacré aux conséquences de l’austérité budgétaire sur l’identité québécoise, nous avons invité des acteurs de première importance dans le domaine de la culture, du patrimoine, de l’éducation et de l’occupation du territoire à prendre la plume .
 

Bonne lecture!
 

Développer le goût de la culture

Par : Sophie Imbeault, historienne et éditrice aux éditions du Septentrion
 

Se serrer la ceinture… jusqu’à l’étouffement ?

Par : Émilie Guillemain, coordonnatrice du Centre Marius-Barbeau
 

Il ne faut jamais baisser les bras!

Par : Claire Bolduc, agronome et président de Solidarité rurale du Québec
 

Cégeps en région : accès à l’éducation et l’occupation du territoire

Par : Mario Beauchemin, président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ)