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De grands états généraux sur les commémorations et la préservation du patrimoine

ÉtatsGeneraux
 
En octobre prochain, le MNQ convie les Québécois à un grand événement qui aura pour objectif de réfléchir à l’avenir des commémorations et la préservation du patrimoine québécois. C’est le 21 janvier dernier, à l’occasion du jour du Drapeau que notre présidente Martine Desjardins en a fait l’annonce par le biais d’une lettre publiée dans Le Devoir. Cet évènement servira de rassemblement de tous ceux qui ont à cœur la préservation de la mémoire collective sous toutes ses formes.
 
Chaque année, le réseau du MNQ souligne avec des moyens dérisoires le jour du Drapeau et la Journée nationale des patriotes. Dans la plupart des régions, des activités sont organisées, notamment dans les écoles et les municipalités. À notre avis, il est plus que temps que l’État donne les moyens à ces journées mémorielles pour rayonner suffisamment et ainsi s’ancrer dans les mémoires. Plus largement, les commémorations ne disposent d’aucun ministère ou secrétariat qui leur soit propre pour s’assurer une planification digne de ce nom. Notre intérêt pour les commémorations ne date pas d’hier puisque depuis plus de 30 ans, nous sommes les maîtres d’œuvre des célébrations de la Fête nationale du Québec sur l’ensemble du territoire québécois. En 2011, nous avons publié l’étude de l’historien Charles-Philippe Courtois intitulée Les commémorations historiques nationales au Québec. Recommandations pour une politique d’envergure. À la lumière de ses travaux, une évidence s’est imposée : sur le plan institutionnel, le Québec est un désert commémoratif. Si on trouve au Québec comme ailleurs des pratiques commémoratives, on ne trouve aucune politique de commémoration structurée susceptible de revaloriser l’usage public de la mémoire. Voilà pourquoi nous souhaitons que l’État prenne enfin ses responsabilités en la matière pour célébrer de façon digne et avec l’ampleur qu’ils méritent l’anniversaire des évènements qui ont marqué notre histoire. Cela permettrait à l’État québécois de développer une expertise commémorative qui lui donnerait l’occasion d’identifier les grands moments à commémorer; les événements, les personnages, les moments forts de notre histoire qui méritent d’être soulignés dans la mémoire publique.
 
À l’aube du 375e anniversaire de la fondation de Montréal, où l’histoire risque d’être la grande absente de la fête, nous sonnons à nouveau l’alarme à ce sujet. Au cours des dernières années, nous avons souvent été témoins d’une improvisation désolante en matière de commémorations, comme en témoigne le silence autour du 250e anniversaire de la Conquête (2010), du 350e de l’arrivée des Filles du Roy (2013), et du 100e anniversaire de naissance de Félix Leclerc (2014). À aucune de ces occasions, notre gouvernement n’a marqué le coup.
 
En ce qui concerne la préservation des lieux de mémoire et du patrimoine bâti, nous constatons avec tristesse que pas une semaine ne passe sans que la fermeture ou la démolition imminente d’un édifice patrimonial ne défraie les manchettes. Il est plus que temps que notre gouvernement se préoccupe de façon sérieuse de la préservation et de la mise en valeur de son patrimoine.
 
Ainsi, nous espérons que ces états généraux inciteront le gouvernement à prendre ses responsabilités pour préserver notre mémoire collective. Ce sera notamment l’occasion de réfléchir sur le type de commémorations que nous souhaitons célébrer, les anniversaires historiques et politiques qui devraient être ajoutés au calendrier des commémorations officielles, l’implication de l’État et des acteurs concernés, etc. Nous souhaitons également réfléchir à la préservation des lieux de mémoire importants. Enfin, nous discuterons de l’importance de mettre en valeur et préserver notre patrimoine vivant, ainsi que nos pratiques culturelles traditionnelles.
 
Nos travaux se dérouleront du 6 au 9 octobre prochains à l’Auditorium de la Grande bibliothèque à Montréal. En plus de réunir les acteurs importants du milieu des commémorations et du patrimoine, l’évènement tiendra également lieu d’université d’été du MNQ et sera ouvert au grand public. C’est donc à ce vaste programme que nous vous convions!