Appel de projets

Pour une cinquième année consécutive, le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) est fier d’annoncer qu’il soutiendra à nouveau l’organisation et la coordination d’activités faisant la promotion de la Journée nationale des patriotes (JNP) par le biais de son programme d’assistance financière.

 
Ce programme s’adresse prioritairement aux Sociétés membres du MNQ et aux organisations bénévoles désirant soumettre un projet d’activité d’animation historique ou politique qui se déroulera durant la fin de semaine de la JNP, soit du 18 au 22 mai prochain. Pour ce faire, les organismes intéressés n’ont qu’à remplir le formulaire et le retourner dûment rempli avant le vendredi 21 avril, 17 h à Alexandra Bourbeau à abourbeau@mnq.quebec. Suite à l’événement, il faudra nous transmettre le bilan organisationnel et financier de votre événement avant le vendredi 16 juin, avec copie des pièces justificatives. La réception du bilan et de toutes les pièces justificatives jugées nécessaires sont conditionnelles au versement de l’aide financière.

 
La Journée nationale des patriotes en quelques mots…
« Ce jour férié soulignera la lutte des Patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l’obtention d’un système de gouvernement démocratique. » C’est en ces termes que le gouvernement du Québec créait en 2002 la Journée nationale des patriotes, le lundi précédant le 25 mai de chaque année (décret no 1322-2002). C’est dire combien ce rendez-vous est l’occasion de commémorer la conquête de nos droits civils et à donner corps à la devise du Québec : Je me souviens.
 

La mémoire des patriotes
La Journée nationale des patriotes c’est la fête de toute l’histoire du Québec, à l’heure où l’histoire nationale occupe de moins en moins de place à l’école. Elle offre ainsi l’opportunité de rapprocher le public de son histoire par le biais de conférences, d’expositions et d’événements festifs. Cette année, le MNQ a retenu le thème « La mémoire des patriotes ».
 

Imaginez qu’en arrivant un matin à votre bureau, votre usine ou votre école, vous ayez perdu toute mémoire sur quel est au juste votre rôle, vos tâches de la journée, jusqu’au nom de votre patron. Il est probable que dans les circonstances, vous feriez tout pour ne pas vous faire remarquer et que cela paraisse le moins possible. Vous seriez donc exagérément discret et obéissant à tout, quitte à risquer l’humiliation, de peur qu’on ne s’aperçoive de votre trou de mémoire. Tout compte fait, vous tournerez en rond toute la journée et toute votre énergie passera à vous faire remarquer le moins possible ; à vous effacer au point de devenir invisible.
 

Il en va des collectivités comme des individus. La perte de mémoire rend un peuple incapable de faire des choix éclairés et d’agir sur la réalité. Au contraire, le savoir-faire, l’habilité et le génie d’un peuple reposent sur un ensemble d’expériences collectives ancrées dans l’histoire : d’inlassables essais et erreurs qui nous ont rendus conscients de nos forces et confiants en notre potentiel. Ça n’a bien sûr rien à voir avec vivre dans le passé comme on l’entend parfois. Une mémoire historique entretenue est au contraire la condition sine qua non pour agir efficacement dans le présent et pour préparer l’avenir.
 

Quel sont les intérêts du Québec ? Comment baliser les valeurs québécoises ? Comment accueillir des milliers d’immigrants chaque année ? Quel type de développement énergétique privilégier ? À ces questions, la mémoire historique ne procure bien sûr pas de réponses en soi, mais en réactivant la somme des expériences vécues, elle garantit des choix éclairés dans le présent et insuffle la confiance nécessaire pour poser les choix radicaux qui s’imposent parfois.
 

L’expérience des patriotes de 1837-1838 nous est ainsi particulièrement précieuse. Il y a 180 ans, des Québécois déterminés ont entrepris, avec des moyens dérisoires, une lutte pour défendre des principes d’égalité, de justice et de respect des valeurs communes. La mémoire de cette lutte nous sera rudement utile pour faire face aux défis du 21e siècle. Peuple pacifiste et consensuel, nous avons aussi prouvé notre résilience et notre capacité à faire front quand notre existence est menacée.
 

Au moment de faire des choix de société, de baliser les voies d’avenir ou de définir nos priorités, exerçons plus que jamais notre devoir de mémoire. L’histoire du Québec et l’exemple des patriotes de 1837-1838 sont une source intarissable de fierté et constituent un bagage d’expériences précieux pour faire des choix éclairés. En 1839, c’est justement en s’appuyant sur la prémisse que nous formions un peuple « sans histoire et sans littérature » que lord Durham prédisait dans son rapport que nous n’avions aucun avenir. Il avait raison de rappeler que le passé est garant de l’avenir. Prouvons-lui cependant qu’il avait tort de voir en nous un peuple amnésique qui ignore ce qu’il fait au juste dans l’histoire.
 

La mémoire au service de l’action
À notre époque où règne l’image, la Journée nationale des patriotes et les patriotes en général font immédiatement penser au fameux bonhomme (voir page 15) dessiné par Henri Julien il y a plus d’un siècle. Inspirant pour certains, inquiétant pour d’autres, le vieux guerrier n’est pourtant guère menaçant avec sa pipe, sa tuque et son mousquet. S’il est demeuré dans notre mémoire collective c’est qu’il semble en fait nous transmettre un message. Que nous dit au juste ce patriote ? Sa puissance évocatrice vient moins de son apparente violence que de sa charge symbolique invoquant un devoir de mémoire. Ce qui frappe finalement dans ce dessin, c’est la vigueur et la détermination de ce corps jeune et vigoureux surmonté d’une tête de vieillard tranquille fumant sa pipe. Ce paradoxe c’est en fait le passé qui interpelle le présent. C’est l’expérience au service de la jeunesse. C’est la mémoire au service de l’action.
 

Le vieux patriote se bat et se souvient tout à la fois dans un rapport constant entre l’action et la réflexion. Tout compte fait, son arme première n’est plus son mousquet, mais l’expérience de la lutte léguée pour le bénéfice des générations futures.