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Créateur du prix « Artisan de la Fête nationale » 2017

Armand Vaillancourt : Un créatif au talent unique!

 

Armand Vaillancourt - Devrant la passerelle Vaillancourt de PlessisvilleLe personnage est unique…et ses créations le sont tout autant! Expressif, authentique, chaleureux, difficile de ne pas le remarquer lorsqu’il est dans les parages. Armand Vaillancourt voit le jour à Black Lake, dans la région de l’Amiante, le 3 septembre 1929. L’artiste grandit sur la ferme familiale avec ses 16 frères et sœurs. C’est en 1951 qu’il déménage à Montréal, où il y débute une carrière à son image : coloré, mais ancré dans la réalité. Sculpteur et artiste peintre parmi les plus connus au Québec, Armand Vaillancourt est diplômé de l’École des beaux-arts en 1955. Il tisse depuis les fils d’une prolifique carrière qu’il verra récompensée de près d’une trentaine de prix, dont le prix Paul-Émile-Borduas du Conseil des arts et des lettres du Québec et de chevalier de l’Ordre national du Québec. Ses œuvres se trouvent parmi les collections permanentes de nombreux musées, dont le Musée national des beaux-arts du Québec, le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée d’art contemporain et la Banque d’œuvres d’art du Canada.
 
Depuis 2016, nous sommes honorés de collaborer avec ce pilier de notre culture dans le cadre du prix « Artisan de la Fête nationale du Québec ». En effet, M. Vaillancourt est le créateur d’une œuvre aux lignes pures et dépouillées, au travers de laquelle est percée une fleur de lys parfaitement ciselée d’où jaillit une douce lumière. C’est donc ce prix fait d’aluminium et de lumière qui sera remis à tous les récipiendaires, nationaux et régionaux, du prix « Artisan de la Fête nationale du Québec » cette année.
 
Nous avons eu la chance de rencontrer cet artiste au parcours exceptionnel pour en connaitre un peu plus sur son cheminement, ses visions et pour discuter de sa vision de la Fête nationale. La version complète de ses réponses est disponible ici.

 
Plus de six décennies de création, un nombre quasi incalculable d’œuvres, quelle est votre principale source d’inspiration?
 

Ma principale source d’inspiration est la vie dans tous ses états. Ce qui inclut ma relation exceptionnelle avec la jeunesse.
 
En partant, je veux saluer très bas ces étudiantes et étudiants qui ont beaucoup donné lors des manifestations en 2012. Ces jeunes ont marqué d’une façon indélébile ce que demain devrait être. J’ai gardé tous mes carrés rouges, dont certains sont tricotés!

 
Sculpture, peinture, bois, acier, béton…qu’est-ce qui vous guide dans le choix de matériaux pour une œuvre?
 

C’est comme le reste de nos activités dans la vie; c’est selon les circonstances et ce qui vient à nous. Ce peut être n’importe quelle matière. Il n’y a pas, à priori, de matériaux que je préfère plus que d’autres.
 

Ma démarche découle surtout des expériences vécues à la campagne dans ma jeunesse. Étant fils de fermier, le 16ᵉ d’une famille de 17 enfants, j’ai travaillé durement et assidument à toutes les tâches à la ferme presque d’une façon primitive avec le reste de la famille. Tout ce dont on avait besoin, on devait le construire et/ou le réparer. Puis vinrent mes voyages en auto-stop à travers l’Amérique : 110 000 milles de 1949 à 1960, bien avant Jack Kerouac, surtout l’hiver avec 50 dollars en poche. Je pourrais vous raconter des milliers d’histoires et je ne serais pas au bout de mon expression.
 

 
Quel a été le processus créatif du prix « Artisan de la Fête nationale »?
 

Comme toujours, l’imagination débordante est au rendez-vous. Ceci dit, il faut faire des choix. Après réflexion j’ai adhéré à cette idée de représenter toutes les pensées et formations qui habitent le Québec. La fleur de lys enrobe tout ce que je viens de dire.
 

Les trois intensités de lumière créent une attraction particulière. Ce phare, je le dédie aux femmes du Québec en particulier. À l’exemple de ce phare, ces femmes qui assument une large part des responsabilités dans le dur travail de conscientiser notre peuple. Ces femmes font un travail d’avant-garde concernant notre avenir comme elles le font à l’échelle internationale.
 

 
Coup de cœur dans votre carrière?
 

Ma carrière (si on peut parler de carrière!), à beaucoup de points de vue, reste un désastre. Je sacrifie ma carrière pour mettre toute mon énergie à vouloir construire un pays. J’ai en moi un vœu profond qui me pourchasse sans relâche dans ma vie quotidienne. Je fais ce que je dois faire, pas toujours ce que j’aimerais faire.
 

Toutes mes actions ont convergé vers mon engagement politique. Tout pour moi est politique: manger, voyager, dormir, rencontrer des gens, discuter, etc.
 

Mon idéal me dicte mon chemin. Depuis que je suis dans les arts, c’est un combat sans relâche entre la créativité qui est abondante chez moi et que je dois jumeler à une fonction: faire de la terre du Québec un pays qui nous appartient.
 

 
Qu’en est-il des autres formes d’art? Coups de cœur musicaux?
 

La corneille et le corbeau sont mes oiseaux préférés; pour moi, le cri de la corneille est le summum de l’annonce du printemps. Cela me ramène à la campagne, à ma jeunesse dans l’érablière, au son des gouttes d’eau tombant dans les chaudières. Le matin, après une nuit froide, le soleil réchauffe l’eau d’érable gelée dans la chaudière, formant sur le dessus un sirop d’une douceur sans pareille. Cet élixir nous rendait fous de joie.
 

J’aime la créativité à son meilleur. Cette liberté qu’on doit s’accorder dans la création est assujettie à un devoir d’intégrité face à l’œuvre. Je suis un grand adepte de jazz.
 

J’ai passé une grande partie de ma vie à m’exprimer en danse. Pendant plus de 20 ans, on disait de moi que je dansais comme un Africain. En fait, je dansais comme moi.
 

J’ai fait de la musique concrète dans les années 50. John Cage a dit de mon concert à la Comédie canadienne au Festival de musique actuelle en 1961 que c’était génial. Edgard Varèse m’a invité à New York au Greenwich Village. À cette période, quatre théâtres expérimentaux et des troupes de danse de New York m’ont invité.
 

De la musique, il y en a partout : le bruit du vent dans les feuilles, un ruisseau qui s’agite, le chant des oiseaux, les bruits de notre vie quotidienne, les pleurs, les rires, les regards… et les silences!
 

 
Coup de cœur littéraire?
 

Tout ce qui éveille ma conscience et nourrit mon cerveau pour avancer, c’est une manne pour moi. Je suis intéressé par la science, la philosophie, les livres d’histoire et bien entendu des révolutions depuis les siècles passés jusqu’à aujourd’hui.
 

J’ai des centaines de livres chez moi et des encyclopédies, et pour moi, c’est essentiel.
 

Je m’entoure de culture, de voyages et d’êtres exceptionnels qui m’encouragent et me stimulent à continuer et qui m’empêchent d’avoir des moments de découragement face à l’adversité et des moments d’hésitation face à l’immensité des tâches à accomplir.
 

 
Ce que vous aimez du Québec?
 

Ce que j’aime du Québec, c’est tout ce qu’il contient. J’aime mon Québec en bloc, point à la ligne.
 

 
C’est quoi la Fête nationale pour vous?
 

C’est de fêter la diversité et la fierté de ce que l’on est.
 

Lancé en 2009, le prix « Artisan de la Fête nationale du Québec » récompense chaque année un individu ou une organisation qui, par son action, contribue au rayonnement de la fierté nationale. À ce jour, plusieurs grands noms du Québec ont été récompensés, dont Normand Brathwaite, Gilles Vigneault, les artistes du spectacle 1 fois 5, Paul Piché et les piliers de la musique traditionnelle, soit Yves Lambert, André Marchand et Gervais Lessard. Le prix sera également remis dans plusieurs régions du Québec lors des lancements régionaux afin de souligner la contribution des organisateurs et des bénévoles qui sont, année après année, quelque 15 000 à œuvrer au succès de la Fête nationale dans leur communauté.