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États généraux sur les commémorations historiques

Des États généraux pour l’avenir

 

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En octobre dernier, le Mouvement national des Québécoises et Québécois a mené une consultation et une réflexion de fond sur l’avenir des commémorations au Québec : les États généraux sur les commémorations historiques. Au programme l’événement, se sont prononcés des intellectuels, responsables de musées, représentants d’organismes publics et privés, ainsi que des représentants de la société civile, œuvrant dans le domaine de l’histoire, des commémorations et du patrimoine, à l’occasion de conférences, panels et tables rondes.
 

Le colloque s’est ouvert le jeudi 6 octobre avec une conférence offerte par Martine de Boisdeffre, présidente du conseil d’administration de l’Institution nationale des Invalides et ancienne directrice des Archives de France (2001-2010). Son expertise et ses réflexions sur l’avenir des commémorations, et en particulier sur le calendrier commémoratif qu’elle a coordonné en France au tournant des années 2000, ont été absolument éclairantes. À la suite de cette conférence, des thèmes tels la complexité des commémorations dans les sociétés contemporaines où les repères identitaires sont en mutation; les commémorations et le récit historique; et finalement le patrimoine et les lieux de mémoire ont été abordés. Les travaux de la journée se sont conclus par une allocution fort appréciée du ministre de la Culture et des Communications, monsieur Luc Fortin. Le ministre a affirmé que les commémorations s’inscrivent dans un nécessaire devoir de mémoire et qu’elles jouent un rôle important sur le plan de la cohésion sociale et du sentiment d’appartenance au Québec. Les participants au colloque ont été heureux d’entendre que la préservation et la mise en valeur du patrimoine, notamment en ce qui concerne les évènements, les lieux et les personnages historiques, sont une priorité du gouvernement.
 

La deuxième journée a débuté par une conférence sur les grands âges de la commémoration au Québec, présentant l’histoire de nos pratiques commémoratives et ses moments forts, qui a été suivie par un panel consacré au tourisme commémoratif. Les intervenants ont montré la popularité grandissante, ici comme ailleurs, du tourisme culturel, qui touche notamment les festivals, le patrimoine bâti et les lieux de mémoire. En après-midi, nous avons présenté deux tables rondes, réunissant des acteurs publics et privés de la commémoration qui ont réfléchi à la manière de mieux soutenir les commémorations, sur le plan tant institutionnel qu’organisationnel ou financier. Cette journée s’est conclue par la projection de courts-métrages inédits provenant des archives de la Cinémathèque québécoise et offrant un panorama social et culturel du Québec de l’après-guerre.
 

La dernière journée a été consacrée à une réflexion autour de l’importance de se doter d’une politique de commémorations. En avant-midi, le premier conférencier a mis en lumière les liens entre la commémoration et le politique pour montrer que l’absence d’une politique de commémorations au Québec constitue une forme de négation de la mémoire collective. Sous le thème « Quand on se compare, on se désole : pour une véritable politique québécoise des commémorations », le deuxième conférencier a procédé à une analyse des pratiques en la matière en comparant le Québec avec d’autres nations occidentales, afin de montrer qu’il y a fort à faire ici pour se doter d’une politique structurée de commémorations. Quant à la troisième conférencière, elle a abordé le cas de la Catalogne par le biais de son musée d’histoire nationale et des célébrations de son tricentenaire (1714-2014). À son avis, et de celui du Mouvement, il s’agit d’un modèle d’institution qui pourrait voir le jour chez nous. Les travaux se sont conclus par une table ronde où nous avons exploré des avenues en matière de financement public et privé afin de déterminer quel rôle devraient jouer les entreprises, les fondations privées et les acteurs de la société civile dans le soutien des commémorations. À ce vaste programme se sont ajoutées de nombreuses activités en partenariat notamment avec le musée Pointe-à-Callière, cité d’archéologie et d’histoire de Montréal, l’organisme Montréal en histoires, qui a offert des visites guidées sur son circuit historico-touristique Cité mémoire, ainsi que notre hôte, le Gesù, lieu de mémoire important.
 

Durant ces trois jours, les conférenciers et panélistes ont plaidé à plusieurs occasions pour que le gouvernement du Québec se dote d’une politique de commémorations. Leurs propositions concernent les structures et les outils nécessaires à la coordination des commémorations, le rôle des différents acteurs, tant publics que privés, le soutien dont ils auraient besoin pour mener à bien leur mission, de même que la préservation du patrimoine, des sites historiques et des lieux de mémoire.
 

Le Mouvement a colligé ces propositions sous forme de recommandations, qui ont été transmises aux ministres de la Culture et des Communications. Le renouvellement de la politique culturelle du Québec constitue une formidable occasion pour poser des gestes forts, porteurs d’avenir pour la préservation et la mise en valeur de la mémoire.
 

La Webdiffusion complète des travaux est disponible en ligne au commemorations.quebec.