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Une nouvelle publication pour penser l’actualité: la note de l’IRQ

Bock-Côté_MathieuNous vivons à l’ère de l’information continue. À chaque jour, à chaque minute, à chaque seconde, nous sommes bombardés de nouvelles, les unes pertinentes, les autres moins. D’un côté, c’est une bonne nouvelle pour la démocratie : un électeur bien formé est un électeur informé. Il est possible de savoir ce qui passe partout sur le globe en même temps que ce qui se passe au Québec : cela forme une conscience globale. De l’autre, cela déstructure la conscience collective : nous sommes à ce point ensevelis par les informations que nous savons de moins en moins les trier, les hiérarchiser et les rassembler de telle manière à en faire bon usage.
 

Un peu partout, on en arrive à une conclusion : il faut réapprendre à penser le temps long, à réinscrire les événements dans une perspective plus vaste, à redonner du sens à ce qui nous arrive, au-delà de la controverse du jour et de l’indignation qui l’accompagne inévitablement. Pour cela, il faut s’en donner les moyens. C’est dans cette perspective que l’Institut de recherche sur le Québec (IRQ) a lancé en janvier une nouvelle publication, La lettre de l’IRQ, qui vise à penser l’actualité à la lumière de la question nationale, en rappelant qu’elle ne saurait être traitée comme un enjeu parmi d’autres. Elle demeure fondatrice de notre expérience collective
 

Au programme de cette publication : une réflexion engagée sur les grands enjeux de l’actualité. Il s’agira de lui donner du relief, et bien souvent, de questionner les lieux communs médiatiques qui étouffent la réflexion publique. Car nous le savons, les médias, qui réfléchissent souvent avec des formules toutes faites, réfléchissent finalement à cause de cela bien peu. Ils sloganisent, ils invectivent, ils pendent, ils lynchent, mais ne pensent point. On pourrait dire qu’il n’y a de réflexion sérieuse sur l’actualité, aujourd’hui, que si elle s’accompagne d’une analyse critique, au même moment, de la manière dont les médias nous présentent cette actualité.
 

La lettre de l’IRQ entend donc, à la lumière des grands principes qui sont ceux de notre institut, penser l’actualité et assurer la promotion du nationalisme. Dans sa première édition, celle de janvier, David Leroux, une figure émergente du milieu intellectuel souverainiste, revenait sur le culte de l’image qui caractérise le gouvernement Trudeau. Il y voit une dissolution du politique dans la communication qui masque bien mal, toutefois, la prolongation de la subordination du Québec dans l’ordre canadien. L’édition de février sera signée par Mathieu Bock-Côté et reviendra sur les fondements de la question identitaire dans le Québec actuel.
 

C’est d’ailleurs un des objectifs de la Lettre de l’IRQ: varier ses signataires pour diversifier les voix qui se font entendre à partir du milieu nationaliste. On y retrouve un petit groupe de rédacteurs capables de couvrir de grands pans de l’actualité avec une expertise assurée. De nombreux intellectuels seront invités à s’y joindre pour y collaborer de temps en temps. Cela confirmera le rôle de l’IRQ comme pôle indispensable de la réflexion nationaliste dans le Québec actuel. La Lettre aura pour vocation d’être largement diffusée sur les médias sociaux. Alors que nous assistons à la mise en place d’une nouvelle hégémonie postnationale dans la vie publique, ceux qui croient encore à la réalité nationale doivent le faire savoir.
 

Car nous ne devons jamais oublier que la politique est d’abord un combat pour les idées. Au-delà des combines et des tactiques, ce sont des visions du monde qui s’affrontent, et les nationalistes, pendant trop longtemps, ont semblé négliger cette bataille, comme si elle était superflue et superficielle. On a tort de ne pas croire aux idées. On a tort de refuser le travail de fond. On a tort d’y voir, comme le veut la formule populaire, du pelletage de nuages. Car le travail intellectuel dégage des possibles, il fait apparaître des réalités qui ne sont pas nécessairement visibles au premier coup d’œil. Il permet de donner à l’action une portée plus grande.
 

On en revient à l’essentiel: la Lettre de l’IRQ entend mener cette bataille des idées en la prenant au sérieux. Nous entendons ainsi, avec cette publication, renforcer notre compréhension du débat public pour le penser dans des termes qui sont conformes à notre intérêt national et non plus à partir de concepts qui n’ont rien à voir avec notre réalité. Dans les moments difficiles que traversent les nationalistes québécois, penser calmement et avec un vrai sens du discernement est une nécessité vitale.

 
Mathieu Bock-Côté, directeur de la recherche à l’IRQ